Alarme : 1.7 Terre, c’est ce qu’il nous faudrait pour répondre à nos besoins

L’étude du Global Footprint Network est sans appel : l’humanité consomme plus de ressources que la planète ne peut en créer en une année. Il faudrait 1,7 planète pour répondre aux besoins actuels de la population mondiale. Comment en sommes-nous arrivés à une situation aussi critique ? Explication d’un désastre annoncé.

 

La notion d’empreinte écologique

 

L’empreinte écologique évalue le plus précisément possible la pression exercée par l’humanité sur les ressources naturelles et les différents « services écologiques » fournis par la nature : la surface agricole et la quantité d’eau douce nécessaires pour la consommation de la population et pour l’absorption de ses déchets sont calculées et rapportées aux ressources effectivement disponibles (biocapacité). Si l’humanité a longtemps vécu avec une empreinte écologique inférieure à la biocapacité de la planète, la situation s’est malheureusement inversée au cours du XXème siècle. Une situation dramatique qui ne peut perdurer bien longtemps ! La notion d’empreinte écologique présente l’immense avantage de matérialiser très concrètement la conséquence d’un mode de vie irresponsable. Elle dresse le constat d’une situation qui doit amener à s’interroger sur ses causes. Apparu en 1992 lors de la conférence environnementale de Rio, cet indicateur très parlant contribue à éveiller les consciences écologiques.

 

La surconsommations mondiale

 

La principale cause de cette situation critique est à rechercher dans la révolution industrielle des pays les plus riches de la planète. Celle-ci s’est accompagnée d’un changement radical de la consommation et de la production. La population des pays concernés s’est mise à consommer de plus en plus tandis que la production devenait de plus en plus gourmande en énergie et en ressources naturelles. Dans les pays riches, le mode de vie amène à gaspiller énormément de ces dernières. C’est ainsi que certains pays affichent aujourd’hui une empreinte écologique effrayante : il faudrait 9,1 planètes aux Luxembourgeois, 6,2 au Qataris, 5,4 aux Australiens, 4,8 aux Américains, 3 aux Français ! A l’opposé les Erythréens se contentent de 0.2 planète ! Ramené à l’individu, un Européen a besoin de l’équivalent de dix terrains de foot pour vivre, un Américain 20 et un habitant moyen de la Terre n’en a besoin que de cinq. Force est de constater que le mode de vie occidental qui tend à être copié partout sur la planète n’est à ce jour pas compatible avec la préservation d’un environnement sain et généreux. La société de consommation cause des tords à l’ environnement difficilement voire non réversibles. Il est important de comprendre que tout à une empreinte écologique : la conception d’un objet comme la production d’un aliment ou un voyage en voiture font toujours peser une charge sur l’environnement. Parce que l’humanité n’a pas su par le passé prendre la voie du développement durable, elle vit au présent les conséquences de son imprévoyance.

 

Des effets désastreux

 

La gravité de la situation s’exprime aussi différemment : compte tenu de son empreinte écologique l’humanité a au 1er aout 2018 consommé l’équivalent de toutes les ressources que la planète est capable de produire en un an. Pire, chaque année, elle vit un peu plus à crédit que l’année précédente et le « jour du dépassement » arrive de plus en plus tôt. La situation empire et rien n’indique une réelle prise de conscience planétaire. La bétonisation des surfaces, l’appauvrissement des sols liés à l’agriculture intensive, la surconsommation de viande, la surpêche, la pollution des cours d’eau et des océans, la déforestation, l’exploitation déraisonnées des terres rares et les conséquences du réchauffement climatique mènent l’humanité dans l’impasse et à une dramatique extinction de masse des espèces animales et végétales. La croissance de la population mondiale tout comme le développement économique pourrait rapidement connaître un frein du fait des limites de la biocapacité de la planète. Par la surexploitation de son environnement, l’humanité court à sa perte.

 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*