Manger bio, un état d’esprit ?

Manger bio, c’est vivre bio

 

De ceux qui arguent que le bio est trop cher, pas assez fiable, de mauvaise qualité, à ceux qui ne voient tout simplement pas l’utilité d’une telle démarche, les détraqueurs sont nombreux. Pourtant, adopter une alimentation biologique n’est pas un choix anodin. Plus qu’une lubie alimentaire, c’est une véritable façon de concevoir la vie.

La nourriture n’est que le premier des engagements auxquels souhaite se conformer celui qui prend ce chemin. Notre façon de manger résulte en grande partie de notre éducation et remettre en question ces acquis peut être plus difficile qu’il n’y parait. Le bio tel qu’il existe aujourd’hui trouvait son équivalent il y a 50 ans dans les jardins de nos grands-mères. Les pesticides intensifs, la production de masse n’ont fait leur apparition que récemment, pour répondre à une demande particulière suite à des années de rationnement.

Aujourd’hui, qu’en est-il de ce besoin ?

La nourriture présente à profusion échoue trop souvent dans les poubelles. L’acheteur bio, en choisissant de donner son argent à des coopératives, à des producteurs respectueux de l’environnement, s’élève contre cette idée. Il remet en question la production à la chaîne de produits périssables en trop grande quantité. Il interroge sur l’élevage des animaux, les médicaments qui leur sont administrés et finissent dans notre organisme, les conditions épouvantables qui encadrent leur courte vie.

Au-delà des valeurs écologiques, la nourriture biologique s’oppose à la gastronomie traditionnelle en offrant un panel plus large d’aliments, notamment concernant les graines, légumineuses, protéines végétales, laits végétaux. Le consommateur bio s’intéresse aussi à la diététique et tente par exemple de remplacer le lait de vache par des laits d’amande ou de riz, les matières grasses animales par des huiles de première pression à froid. Ces produits, boycottés par l’industrie conventionnelle qui préfère se rabattre sur des aliments bon marché, se retrouvent essentiellement en magasin spécialisé. Ainsi, nombre de consommateurs préfèrent se rendre directement chez les producteurs, ou dans les enseignes exclusivement biologiques, où ils savent qu’ils achètent des produits aux normes strictes tant sur la qualité que sur les conditions de production. Il ne s’agit pas seulement de nourriture, mais aussi de refuser les mécanismes qui engendrent la destruction de notre humanité.

 

Parce qu’il réfléchit à sa consommation, l’acheteur bio en vient à réfléchir à d’autres aspects de sa vie. S’opposer à l’individualisme ambiant et recréer une communauté humaine respectueuse et innovante, voilà ce que pourrait être son credo.

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